Samedi 2 mai 2009
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Au départ, des mots. Un titre de livre : "Les femmes aux cheveux courts", qui me fait sourire. Premier livre d'un réalisateur que j'aime, Patrice Leconte,
qui manie la profondeur avec une légèreté unique, élégante.
Je prends ce livre, je le repose, je le confesse, à cause de cette couverture qui ne m'enchante pas - on est
visuel ou pas - je le reprends néanmoins, je l'ouvre, je lis quelques lignes, je le ferme et puis l'emporte.
Dans ce livre, bien sûr, Patrice Leconte fait l'éloge des cheveux courts. Je vais simplifier : il y voit plus de
féminité et d'audace que dans des cheveux longs. Peut-importe, c'est un parti-pris, une affaire de goût et de non-goût. A mon sens dans les cheveux courts d'une femme il y a tout ce que j'aime :
la grâce et l'impertinence, le doute et la décision, la force et la fragilité.
J'ai les cheveux courts à cause d'un réalisateur, d'un film et d'une actrice. Godard, A bout de souffle, Jean Seberg. Des cheveux longs,
longtemps, avec l'envie de les couper. Des années durant lesquelles je regardais "à bout de souffle", souvent, encore aujourd'hui. Je connais par coeur, les musiques, les mots et les images.Il a fallu un choc, un vrai choc de la vie qui vous écorche, vous bouscule et vous transforme, pour que je décide sur un coup de tête - c'est le cas de le dire - de me couper les cheveux. Peut-être 7 ans que je l'envisageais... Une fin de "shooting", des photos de mode, une coiffeuse amie et sensible. Londres. "Could you cut my hair short, well, I mean, short, really short ?", elle a répondu "When ? Now ?" j'ai dit oui, et elle a coupé. Pendant que je regardais des mèches de cheveux qui s'envolaient et tombaient, elles me disait : "You gonna love it", elle racontait que pour les chinois on se coupe les cheveux comme on coupe des branches, pour la sève, l'énergie, et la renaissance.
Ensuite, j'avais les cheveux courts. J'adorais. Je jubilais. C'est toujours le cas. Il y a eu des variantes, des amusements, des séductions, des coupes comme des costumes ou des caresses ou des fantaisies, des vérités toutes nues, des références comme des abris, mais c'est toujours authentique. Je ne veux ressembler à personne, Louise Brooks est unique et Jean Seberg c'était une inspiration, pas un modèle.
Alors C comme Cheveux ou C comme Courts ?
C comme "Cut !" diront les cinéphiles.
ou bien :
F comme Femmes aux cheveux courts
F comme Fille sur le pont.
Femmes aux cheveux courts (I) :
Je me suis demandé lesquelles j'aurais aimé photographier. En voici 3. Carson Mc Cullers, Françoise Sagan, &
Jean Seberg. J'aurais aimé faire ces images, oh oui...
Femmes aux cheveux courts (II)
:
Je me suis demandé aussi lesquelles j'ai déjà photographié. En voici 5. Christine
Schaefer, quelques autres...
Fille sur le pont :
Peut-être mon film préféré de Patrice Leconte. Vu et revu, souvent. Pour ce film Patrice Leconte a obtenu que
Vanessa Paradis se coupe les cheveux. Elle aussi j'aurais aimé la photographier. Comme ça.
Et puis, il y a ces deux scènes.
Le monologue du début, tourné en une seule fois - no cut -, plusieurs caméras, et ce gros plan final qui se
resserre comme un étau autour du visage d'Adèle. Terrible. Il y a toute la grâce, la douceur, l'humour aussi - radical, tranchant - l'ironie et la violence de l'existence dans ce monologue.
Sourires, larmes.
Enfin cette scène clé, faire l'amour sans le faire, la voix rauque de Marianne Faithfull disant : "who will take
my dreams away", ce visage-là, cette lumière là, et puis... le souffle d'une femme...
Enjoy !
Voilà, c'est le plus long article à ce jour. Comme quoi, quand on veut faire court...
Et si vous en voulez encore, vous trouverez davantage d'images ici :
SHORT HAIR WOMEN
Voilà, c'est le plus long article à ce jour. Comme quoi, quand on veut faire court...
Et si vous en voulez encore, vous trouverez davantage d'images ici :
SHORT HAIR WOMEN

