Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY


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Juillet 2008.

Le livre sur Nicolas Le Riche sera bientôt imprimé. C'est la phase finale. On n'y touche plus, les photos sont choisies, le texte est écrit, la maquette est terminée.
Les mains vides.

En vacances au Maroc, je termine ce roman étrange - Il vous reste une photo à prendre -, et je le photographie.
Je relis les petits livres noirs de Sagan, réédités récemment aux éditions de l'Herne. (La petite robe noire, Bonjour New-York, Un certain regard...). Je trouve un texte sur Noureev. Je note cette phrase où elle décrit un homme si beau qu'on aimerait le blesser pour pouvoir ensuite le soigner.

Le laboratoire Imaginoir va fermer d'un jour à l'autre, le rouleau compresseur du numérique poursuit son chemin, pour le pire et le pire. Chagrin.

Deux amis ont fait leurs adieux à la scène.

Une amie s'en va prématurément.

Des vagues à l'âme. Je regarde la mer à travers une meurtrière. Je fais quelques images dans le marché, même l'étal de fruits me semble mystérieux. Opressant.
J'essaie de décrire à un ami cette sensation de fins accumulées, il me répond "c'est la fin d'un cycle". Je ne sais pas ce que ça signifie, mais cette réponse absurde me convient, et m'apaise un moment.

Tout comme m'apaise le bruit de mon Leica, doux, sensible et rassurant, comme un métronome. Je commence à regarder le temps.

Dans les oreilles, la bande-son du film "Darjeeling Limited" me rappelle la saveur de cette histoire décalée, légère et profonde, les longues jambes d'Adrian Brody courant après un train qui se trompera de route...



 

 












 
 



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