Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 18:43


Ou S comme Suite N°10.
Ou S comme Self-portrait.

Les chambres d'hôtel : elles me parlent, elles me touchent, elles m'inspirent. Elles gardent des secrets et des fantômes. Certaines sont mythiques, d'autres non. Beaucoup ont leurs secrets.

Les hôtels chargés d'histoire... D'histoires ?
Si les chambres pouvaient parler... Si les cintres pouvaient décrire les mains qui les ont saisies...

Associations.




Aujourd'hui, on m'a ouvert la porte de la suite N°10 de l'Hotel Nord-Pinus, à Arles. Une chambre qui en a vu d'autres. Une chambre multi mythique. J'en garde, notamment, ces images de Charlotte Rampling faites par un maître, Helmut Newton, en 1973.

Helmut Newton.
Je l'ai photographié dans un autre hôtel, le Chateau Marmont, à Los Angeles, en janvier 2004. La veille de sa mort. Le lendemain, il a fracassé sa voiture contre le mur de l'hötel. Peu de gens ont vu cette image. J'ai du mal à la regarder. Le regard, doux, de Sir Newton, en face. Jamais publiée. Je la garde. Je ne la regarde pas. Inutile, elle est inscrite. Elle est terrible. Et douce.

Aujourd'hui, j'ai regardé le miroir - mythique, lui aussi, énorme - de cette suite N°10. J'y reviendrai. Je me dis que je dois y photographier quelqu'un. Le miroir me parle : toi. Self-portrait. Commencer une série d'auto-portraits dans des chambres d'hôtel. It's about time. Il est plus que temps. En réalité il en existe un : Room 912, Chelsea Hôtel. Sans visage.



Des années que j'interdis qu'on me photographie. Des années que je fais des auto-portraits sans visages, flous, coupés. J'ai même fait une série de photos de pieds, mes pieds de nez à moi. Vous voulez des auto-portraits ? Très bien. Voici mes pieds. Pieds nus, pieds du matin, pieds du soir, pieds en escarpins, pieds rieurs, pieds désolés... J'en ai toute une collection.

Ne plus avoir peur. Entourée des fantômes des chambres d'hôtel, oser me photographier. D'accord. Je parle au miroir. D'accord. Accord avec moi-même. En septembre, je me photographierai dans le miroir. Suite N°10. Quel challenge, comment oser passer après Rampling & Newton ? Peu importe, c'est bien. Suite N°10.
Suite. A suivre. To be continued. Face à face. It's about time.



Je vous écris d'une chambre d'hôtel. Autres lieux, autres secrets. Je me dis que j'aimerais bien avoir le courage de me photographier nue. Que je ne suis pas prête. Plus tard. Commencer tout doucement. Photographier un visage. Le mien. C'est difficile... Step by step. Pas à pas. Des pieds encore ? Non.
Se regarder en face. S'apprivoiser.

Un visage. La vérité, toute nue.





















Et puis, ensuite, photographier, inlassablement, des draps blancs. Le linge du nouveau-né, et le linceul de la fin. Je suis tellement émue par les draps blancs. Plus tard. Pas à pas.

Tiens, je suis en ébullition ce soir. Il y a eu, il y a, des émotions, des rythmes et des contrastes. La faute aux fantômes ? Maybe, maybe not. Secret. 

































Par ANNE DENIAU aka ANN RAY - Publié dans : Illuminations - 1 Comments - Write a comment
Retour à l'accueil

Serendipity

  clock     LaurentTerzieff     fil     hajimete     theatre     livre     NicolasLeRiche     ink     Grinderman     innocence     SergeGainsbourg     suspension     FallenAngel     Japan     SylvieGuillem     New-York     fragile     IrvingPenn     Lee McQueen   Nikko   Dante     rien   JamesThiérrée   PaoloRoversi   special   RichardAvedon   joy     fly     moon     tide       reminiscence     naufragé     mistaken     poésie     screen     imparfait     time     Y       cry     strangers     ephemere   invisible     sympathie   unsaid     MatsEk     PaulAuster   MarieAgnèsGillot     YoYoMa       the end     angel    New-York  
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés