Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

Il y a 10 jours je signais un livre. Un livre de photographies. Oui mais. Je n'ai pas le droit d'en parler. Ou plus exactement, on m'a fortement recommandé de ne pas en parler. "Tu prends des risques", rien de moins. Bien. Je n'en parlerai donc pas. Il n'y a donc, sur cette page, presque rien, et puis finalement tout. Trois jours comme une bulle, un univers à part entière, un ange - qui se reconnaîtra - descendu sur terre, un rêve devenu réalité, une boucle bouclée, et juste, sur la porte 210, quelques éclats de lumière. Voilà. Dans un coin le fantôme de Cocteau souriait.

A l'heure où le journal télévisé comme internet montrent à des yeux non aguerris tout et n'importe quoi, il existe, dans certaines sphères qui se croient civilisées, des êtres qui s'octroient un droit à la censure et au terrorisme intellectuel. Je ne suis pas libre de poser mon regard sur. Je ne suis pas libre d'être émue par. Je n'ai pas le droit de raconter en images ce trouble là.

J'ai regardé, pourtant. Avec la sincérité sans laquelle je ne sais pas travailler. Alors où est-ce que je peux bien me tenir, entre l'émotion pure de ces images-là et la honte teintée de regret de devoir me dissimuler ?

"Un moment de solitude", oui, sentiment partagé. Sans commentaires.

A peine quelques reflets de lumière... Dans mes yeux, et dans leurs regards.

Alea jacta est. Je persiste, et signe...



Ten days ago, I was signing a book. A Photography book. But. There is a but. I can't speak about it. Or, precisely, I've been strongly advised not to talk about it : "you're taking risks", nothing less. All right, I won't speak about it then. On this page, I can show you almost nothing, and almost everything. Three days like a bubble, a self-contained universe, an angel - she will recognize herself - descending on earth, a dream coming true, a full circle, and just, on the door of the room 210, a few sparkling spots. Voilà. In a corner, Cocteau's ghost was smiling.

When the TV news and internet would show any kind of horror to unprotected eyes, there are, in some supposed civilized spheres, some human beings who think they are endowned with a right for censorship and intellectual terrorism. I can't be free to look at. I can't be free to be moved by. I can't put into images that very trouble.
I've been watching, though. With this sincerity which is essential in any of my works. So where does that put me, between the sincere emotion of these images and the regretful shame of being obliged to hide them ? 

"A moment of loneliness", yes, this is a shared feeling. No comment.

Just a few reflexions of light... In my eyes, and in their eyes.

Alea jacta est. I sign, a second time. 

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