Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 23:36
Almost Nothing. 

Presque rien, donc tout.

Je réalise que j'aime de plus en plus les images où il n'y a presque rien. Les ombres. Les contres-jours. Les faces cachées. Les clairs-obscurs. Les pleins & les déliés, écrits avec la lumière. Ou avec l'âme.


 
Ames soeurs, donc, à peine dévoilées. Almost nothing. La pudeur des sentiments. Une pensée : "les dessous chics", Gainsbarre toujours. "Les dessous chics, c'est ne rien dévoiler du tout, de dire que lorsqu'on est à bout, c'est tabou." Oui, quand on est à bout, et le reste du temps. Regarder, à peine, retenir un regard comme une caresse, un effleurement, oser ne pas regarder crûment. J'aime les images pleines de presque rien, débordantes. Ce que ça signifie ? Aucune idée. Un goût de plus en plus prononcé pour l'épure ? L'attirance du vide ? Une angoisse profonde ?
Peut-être la sérénité, tout simplement. Bientôt, le désert. J'en ai parlé j'en parle j'en rêve. J'ai dit : photographier le vide, le silence et l'immobile. Apparents. Toujours le wabi-sabi, aussi, comme une image rémanente. L'imparfait, l'inachevé, l'altérable. Tendre vers ça aussi peut-être : dire plus avec moins. It's about time. L'épure. le vide. Un songe. Ouvrir encore plus grand les portes de l'imaginaire, avec une infinie délicatesse. Retenir une image trop arrogante, ou trop envahissante. Ne pas se contenter d'un portrait trop évident. Dire davantage, avec moins. Almost nothing. retenir, enlever, comme c'est difficile. Ne pas prononcer les mots, les chuchoter du bout des lèvres, photographier comme ça.

Nicolas de Staël, qui ne me quitte jamais : "On ne peint jamais ce qu'on voit ou croit voir, on peint à mille vibrations, le coup reçu, à recevoir..." 

La photographie comme une entrée en matière. La matière humaine. 





 

 

 







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"ALMOST NOTHING"









Par ANNE DENIAU aka ANN RAY - Publié dans : Images - 3 Comments - Write a comment
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Commentaires

Presque rien... en latin, res, c'est la chose. Les photos en presque rien s'en approchent peut-être davantage (de la chose, indéfinie et essentielle). Presque, c'est aussi juste, la justesse du regard. C'est ainsi que sonnent pour moi le bras de la silhouette de Gillot, le reflet sur le piano et la Giselle à demi-happée par le rideau.
(J'essayerai d'oser ne pas regarder crûment et de pousser toutes grandes, quoique délicatement, les portes de l'imaginaire. Ces formules y engagent, en tous cas).
Commentaire n°1 posté par mimylasouris le 12/10/2009 à 22h41
Merci... Quand le chat n'est pas là, ... ;-) Sympathique de vous retrouver ici. Ah, les formules... Si seulement elles permettaient de résoudre toutes les équations ! Oh et puis non, c'est aussi bien ; c'est bien aussi, les choses non résolues... Ou irrésolues ? Bonne journée
Commentaire n°2 posté par Anne D le 13/10/2009 à 09h54
ah oui ! "intus et in cute", c'est une bonne formule. Un leitmotiv... ;-)
Commentaire n°3 posté par Anne D. le 13/10/2009 à 11h04

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