Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

 

 

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Manuscrit autographe de Romain Gary, deux nouvelles : "les mains" et "la nature humaine".

119 pages grand in-folio (348 x 210 mm), à l'encre bleue sur 61 feuillets de papier de vélin fort, lignés, margés en rouge et chiffrés à la presse de 3 à 124 (3 pages vierges). Signature et date en bas de la page 103 : "Romain Gary / New York / juin 1953". 

 

 

 

 

 

 

"...sommeil du juste...Je crois que c'est les injustes qui dorment le mieux, parce qu'ils s'en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l'oeil et se font du mauvais sang pour tout."

"La vie devant soi"

 


 

 

 

Emile Ajar ou Romain Gary. Un écrivain, double identité, la plus belle supercherie dans l'histoire de la littérature, le prix Goncourt attribué deux fois à un seul et même homme. J'applaudis des deux mains cet homme immensément double. Et cette anecdote, essentielle, ce pied-de-nez aux institutions, ce magnifique subterfuge m'amuse. Comme ses écrits m'amusent, parfois. Il y a toujours un moment où je souris, de ce sourire si bon, celui que donnent les mots qui allient intelligence et humour dévastateur - lequel humour est, chez Romain Gary comme chez Boris Vian, la politesse du désespoir. Et chez Gary, ou Ajar, cette politesse prend souvent la forme d'une pirouette.

 

Un autre détail m'amuse. Parce que je connais Romain Gary, parce qu'il m'enchante et m'emporte depuis longtemps. Parce que je connais sa biographie, le début et la fin, et tout entre les deux, un tout trop lourd, parfois, pour un seul homme. Pourquoi j'ai éprouvé le besoin de relire sa biographie aujourd'hui, je l'ignore. Je me souvenais de la fin, mais pas de la date exacte. Le 2 décembre. Ah. La musique du hasard, a écrit Paul Auster.

 

Depuis quelques semaines je cherche sans impatience une formule de fin, de clôture, et de remerciement. Sans fioritures et sans détours. Nette et trouble, douce et tranchante. Celle de Romain Gary m'est tombée sous les yeux. Je m'en suis souvenue en la lisant : "Je me suis bien amusé, au revoir et merci." Formule parfaite. Elle clôture un texte posthume, "Vie et mort d'Emile Ajar", paru en 1981, peu après le 2 décembre 1980, donc. Emile Ajar, le double de Romain Gary. Le miroir. Quand le miroir tombe, le reflet emporte l'image dans sa chute. Quelle formule, tout de même, quelle élégance ultime... "Je me suis bien amusé, au revoir et merci". Une phrase comme un geste, ou la dernière note d'une partition idéale : juste. Absolument juste.

 


 

 

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