Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

 

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Un jour quelqu'un m'a dit : "Tu es contraire", et sur l'instant je n'ai pas compris. Je crois que je viens de comprendre. Oui quelquefois, rarement mais hélas parfois, je suis contraire. Ou plutôt inversée. Je fais précisément l'inverse. L'inverse de ce que j'ai sincèrement envie de faire. Pas envie de parler, et je fais la conversation - enfin, un simulacre de -. Pas envie de me trouver à un endroit, et j'y reste et je me perds. Envie d'une lumière particulière, et je ferme les yeux.

Nul désir de torture, de destruction ou de catastrophe, pourtant, ce n'est pas dans ma nature. Au sens strict : ça ne m'est pas naturel. C'est beaucoup plus simple que ça en vérité, ça se produit quelquefois, rarement mais hélas parfois, quand je marche sur des terres inconnues, quand je ne sais pas si l'heure et l'atmosphère sont à la sympathie, l'empathie ou l'antipathie, quand je me sens à découvert : le vaillant petit soldat au milieu de la plaine, cette image qui m'accompagne depuis longtemps. 

Encombrée par ma propre transparence, je me souviens de cette phrase trop entendue : "On lit dans ton regard comme dans un livre ouvert". La plupart du temps je m'en moque, lisez ce que vous voulez... Et parfois, parfois donc, rarement mais hélas quelquefois,  je ne veux pas montrer à n'importe qui ces pages-là, l'âme déshabillée, le regard clair. Ainsi je mets des lunettes noires pour montrer tout ce que je veux cacher. Ou l'inverse. Ou comment, pour me délabyrinther, je labyrinthe. Et je fais tout le contraire.

 

 

 

 

 

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