Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

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"Cut ! "


Ce que disent les réalisateurs en fin de scène.

Ce qui avait un sens, physique, à l'époque où l'on coupait les morceaux de films pour faire le montage.

Des séquences.

Cette phrase tirée de "Sunset Boulevard", rappelée récemment... à propos du cinéma muet : "We didn't need dialogue. We had faces."

Faces. Conversations. Mot-clé.



Depuis le 11 février, deux vagues contraires. Une oeuvre de longue haleine, qui m'a tenue éveillée. The bright side of the moon, en fait. "Siddharta" : ce soir, dernières images. Des conversations silencieuses. Silencieusement aussi, je les ai tous remerciés. Je regardais des âmes, des corps. Jamais des corps ne m'ont semblé aussi vivants. Un voyage, parallèle, salvateur.


Donner en retour ce que l'on fait de mieux ou de moins mal : des images.

 

©ADeniau SIDscene-0665

 


Depuis le 11 février avancer à pas comptés. Projets en stand-by. Give me one second. Tout doucement.


Demain le mois de mars est fini. Il y a eu de longues conversations, beaucoup de mots, parfois trop. Des pages écrites, certaines demeurées silencieuses, d'autres publiées puis effacées. Des erreurs ? Des errances. Passage obligé. Peu importe.

Il y a eu Elle, qui posait des questions. "Do you... ?" Face caméra : "I do...". Une heure quarante de film, je crois. Regarder, à peine, pas entièrement. Un montage à faire. Cut.


Des conversations comme des promesses aussi. Des idées des brain-storming des mélanges des envies des pulsations. Des commencements.


"Enjoy Paris in springtime" a dit P. Ce n'était pas une phrase toute faite. C'était une phrase prononcée à Berlin. Il y a toujours un contexte.

"Enjoy Paris in Springtime"

I will. I am.

Second souffle.

Pause. 


Reprendre. Des projets immobiles. Initier. Des commencements aux intentions, claires. Pas parler, faire, comme disait l'Autre. ;-)

Recommencer d'abord avec ces portraits en attente. En douceur. Des yeux fermés. C'est bien. Et mille autres choses.

Embrasser des projets, au sens littéral. Embrasser : prendre à bras le corps. Construire des histoires avec des images. Des mots. Embrasser la réalité, aussi.

Regarder l'univers des possibles, patient, qui attend.


Faire un peu d'auto-dérision : la douleur est fertile. Hélas ? Tant mieux ? Peu importe, en vérité.

Mille idées entrelacées, les regarder, denses ou légères, les laisser se poser, et les saisir, une par une, attentivement. Attention. Intention. Le "vouloir-saisir", disait Barthes. Oui.

 

Transformer. Le chagrin comme une pierre philosophale. Donner corps. Les larmes n'ont pas de couleurs ? En inventer.


Délabyrinther. C'est ton mot, Bella, I know... ;-) Juste.

 

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Cut.


Je ne sais plus, c'était il y a un an, ou deux. Shaun, l'ami de toujours, ton ami, notre ami, il sculptait des roses d'argent pour toi. Il a prononcé ces mots, il y avait un contexte encore, forcément : "It's going to be the hell of a show !". Nous avions éclaté de rire. Nous étions insouciants, il y avait mille vibrations, tout était dense, et juste, et simple.


Voilà. Springtime. "It's going to be the hell of a show".


Amusant comme la vie contient des leitmotiv, comme des private jokes. A chaque fois que nous nous voyons, Shaun me demande un portrait. Je dis toujours "oui", et je le pense. Il repose la question à chaque fois. 14 ans que ça dure. Nous allons le faire, ce portrait. Now.


Il y a un mois, Shaun me disait combien il aime cette image. Je sais. Moi aussi, j'aime cette image.

 

Tu savais très bien que je la faisais, à cet instant précis. Tu avais cette extrême conscience de tout : des êtres, des étincelles, des déclics. Tu savais que je faisais cette image, et je savais que tu le savais... ;-) Une autre fois tu disais "sky is the limit". Et tu riais.

 

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Cut.

 

Ce soir la fin de quelque chose, un vague sentiment de soulagement. Dans "Mauvais sang" de Carax, il y a quelques lunes, le générique de début, des images surranées en NB, une voix off, comme celle d'un vieil homme, qui disait : "rien ne peut être dénoué sans quoi tout est dénoué".

 

Demain ça fera 7 semaines. 7 semaines à se brûler les yeux, à regarder fixement la même page.


Tourner doucement la page, comme quand c'est la fin d'une histoire et qu'on ne veut pas réveiller l'enfant déjà endormi.


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