Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

comment je comment

 

J'ai été conquise, d'emblée, par ce trio-là : Desplechin, Devos, Amalric ; ensemble, et au même moment. "Comment je me suis disputé...(ma vie sexuelle)". Choc. 1995. 3 heures. ;-) J'ai peut-être vu ce film... 40 ? 50 fois ? Sur 15 ans, ce n'est pas si souvent finalement... Quelques heures avec les 3, et toute la bande de Desplechin : Balibar, Denicourt, Salinger, Mastroianni... Moments parfaits.


J'avais fait connaissance avec Desplechin en 1992, avec sa curieuse "Sentinelle". Devos était déjà là. Mais j'aime particulièrement ces trois là, ensemble, résolument. Je les ai retrouvés en 2004 avec le même bonheur dans "Rois et reine", puis en 2008 dans "Un conte de Noël". Depleschin à mon sens ce sont autant des mots que des images, et nul ne semble pouvoir mieux servir ces textes inouïs qu'Emmanuelle Devos ou Mathieu Amalric. Alchimie.


Devos, face caméra. "Et ton absence me demande encore...". La scène qui m'achève, à chaque fois.

      

J'ai toujours du mal, quand je le cherche, à retrouver ce monologue dans "Comment je me suis disputé...". Je le perds, je le retrouve. Let it go...

En ce moment on peut le voir. Jusqu'à quand ? Profitez-en.

 

Je devrais le transcrire, et je ne le fais pas. Peut-être que je n'ose pas. Peut-être que je préfère qu'il reste dans le film, ou dans un extrait de film. Peut-être qu'il ne faut pas.


C'est une lettre. Une lettre d'amour. Sans doute une des plus belles qu'il ait été donné d'entendre dans un cinéma.


Si vous ne regardez qu'une video sur cette page, c'est celle-ci, absolument.


"Alors ton absence s'endort tout contre mon esprit..." :

 

 

Je n'avais pas réalisé, mais il y en a eu d'autres, des lettres, chez Depleschin. Terribles. 

 

Une lettre de haine, d'abord, dans "Rois et reine", la lettre la plus terrible qu'un père puisse écrire à son enfant. Attention, c'est douloureux à entendre... :

 

 

Et puis ensuite... une lettre de... je ne sais pas. Une lettre d'abandon, peut-être, une lettre écrite dans la transparence par un homme abîmé. Qui devrait être misérable, et qui est immense, dans l'abandon justement, entre la colère et la confession :

 

 

Pour le plaisir, pur plaisir...

Les mots, toujours, chez Desplechin. Il y avait toutes ces voix off, dans "Comment je me suis disputé...", ça donnait par exemple ce commentaire exquis, cette analyse légère et profonde d'une amitié masculine. Fasten your seatbelt, rarement vous entendrez quelque chose d'aussi fouillé, d'aussi minutieux.(vers 2mn30, je crois...) Simplement hallucinant de précision. Et de gaieté mélancolique. Tellement juste. So sharp. Enjoy !


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