Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 12:12

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Je vous ai écrit et vous n'en avez rien su.

 

Ou vous n'en avez rien lu.

 

Peut-être que vous n'aviez pas envie de lire.

 

Peut-être que vous ne savez pas lire.

 

Plus.

 

Peut-être que vous avez oublié.

 

Peut-être que j'ai plié la lettre, je l'ai glissée dans l'enveloppe, et puis j'ai oublié.

 

Oublié de vous l'envoyer.

 

Ou bien.

 

Erreur de destinataire.

 

A moins que.

 

Je vous ai écrit à l'encre sympathique.

 

Peut-être que vous n'aviez pas de bougie.

 

Peut-être.

 

Seulement des interrupteurs oui non oui non négation

 

De la nuance.

 

Il faut une flamme éclairante irrégulière accidentée.

 

Sans quoi.

 

L'encre demeure sympathique.

 

Et les écrits restent invisibles.

 

Je vous ai écrit et vous n'en avez rien vu.

 

Peu importe.

 

Je vais continuer de vous écrire. 

 

Et vous n'en saurez rien.

 

Ou vous n'en lirez rien.

 

Je vais continuer de vous écrire

 

Et vous n'y verrez que du feu.

 

Je vais continuer de vous écrire

 

Jusqu'à ce que je n'ai plus d'encre.

 

Et puis.

 

Je jetterai cette petite bouteille à la mer.

 

Avec dedans à l'intérieur

 

Avec toute ma sympathie.

 

 

Par ANNE DENIAU aka ANN RAY - Publié dans : Words - 6 Comments - Write a comment
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Commentaires

C'est extrêmement beau et très émouvant... xoxo
Commentaire n°1 posté par Emeline le 02/09/2010 à 08h00
... xo A.
Commentaire n°2 posté par Anne D. le 03/09/2010 à 22h28
Très beau. Une lettre finit par arriver à son destinataire -Jacques Lacan.
Commentaire n°3 posté par Fadaly le 05/09/2010 à 14h40
Merci... Rien de tel pour échapper à ses pensées que de se pencher vers les pensées des autres. Votre commentaire m'a fait replonger dans la "lettre volée" de Poe, et, de fil en aiguille, qui dit Poe dit Baudelaire (... "traducteur"... quel mot ! ), et finalement Lacan. Et ce Mr Henri Justin, fervent passionné d'Edgar Allan Poe, qui écrit ceci : "Du côté de l’intellectualité, ce sont les jeux de « La lettre dérobée » (...) D’abord la lettre : elle a été « dérobée » au sens où Baudelaire peut traduire « Lettre volée », mais elle a surtout été dérobée aux regards. Pliée en son contraire, elle trône invisible au centre de l’espace : elle est la porte dérobée de l’espace imaginaire. Tout naturellement, Poe lui fabrique un écrin de brume. Baudelaire voit le « misérable porte-cartes, orné de clinquant », mais sa texture lui échappe. L’objet est carton, mais travaillé à jour. Le mot « filigrane » (fillagree) dit le travail en arabesques, la découpe ajourée, la semi-transparence, le révéler/cacher."
Commentaire n°4 posté par Anne D. le 05/09/2010 à 17h23
En commençant à lire, j'ai pensé que c'était le blog qui était sympathique : vous avez écrit, et tant qu'aucun commentaire ne vient le contredire, peut-être ne l'a-t-on pas su, peut-être de l'a-t-on pas lu. :)
Commentaire n°5 posté par mimylasouris le 07/09/2010 à 18h11
...
Commentaire n°6 posté par Anne D le 07/09/2010 à 19h36

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