Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

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" - Could you be in London & meet S. on the 26th ? "

  - Let me check... Should be fine. Give me one day. 'Come back towards you on this."

 

 

That's how it started.

Off for 3 days now.

London...


Appeler John, le cabdriver le plus adorable qui soit. Rencontré après mes années Londoniennes, un jour où j'étais de retour, de passage. Vraie conversation, on ne s'est plus quittés.

A chaque fois que je reviens, j'appelle John, il est plus ou moins disponible, anyway je le vois toujours à un moment donné ; ça me fait rire parce que je descends d'un black cab, et j'embrasse le chauffeur après l'avoir payé. Une amitié en pointillés. Des conversations insensées, toujours dans son taxi. Nous n'avons que peu de temps, nous allons à l'essentiel. Partageons des secrets. Proches et lointains. C'est un peu étrange, et très beau. In London I feel good.

 

 

Swinging London, c'était une époque, mais l'atmosphère demeure. A Londres, il y a un vrai buzz qui m'est familier, et je suis toujours heureuse d'y aller. D'ordinaire. Cette fois je me suis dit "Chic !". Et puis : "Ah."

 

J'ai décidé de prendre les faits comme les images. 

Une question d'angle, et de point de vue. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


At home, ça se passe comme ça, parfois :


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Ailleurs, at home toujours.

Une photographie hand-painted, unique évidemment, encadrée : "entre deux verres" c'est le nom de l'encadrement. Bientôt je vais devoir casser ce verre, j'ignore comment faire, on verra bien. J'aime bien l'idée. La délivrer. It's about time.


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Hier. Arrêtée devant ce portrait. Car c'en est un, en réalité. Nothing to do with fashion, actually.

 


Wanna know the whole story ? It's a nice one... ;-) Ok, get comfortable, here we go...

 

 

Once upon a time...

Elle s'appelait Natasha Prince.

Natasha Prince avait 16 ans, quelque chose d'ineffable qui me touchait, quelque chose que je voulais tenter de..., je l'ai attendue le temps qu'il fallait. J'ai déplacé tellement de fois des shootings pour elle, ça ne fonctionnait jamais, elle m'échappait, des histoires de plannings, et de devoirs ; homework.

Natasha était mannequin débutante, dans une agence au drôle de nom de "Take 2" - No thanks, I want just one, The One, I want Natasha - mais était encore à l'école, elle ne travaillait que très peu comme mannequin : quand elle n'avait pas trop de homework ou d'exams, seulement le samedi, pendant les vacances scolaires, et en présence de sa Maman, en prime, qui surveillait tout et tout le monde dans le studio. Drôle.

Beaucoup se seraient vite découragés, pas moi. Je suis impatiente en général et patiente - très, infiniment - avec les êtres qui en valent la peine. Chez "Take 2", ils étaient helpful, m'appelaient dès que Natasha avait peut-être un jour de libre, c'était devenu une private joke, ils ne comprenaient pas mon entêtement mais ils le respectaient, il l'appelaient "your model", je jouais avec les faux-sens et me disais que oui, Natasha était un modèle de grâce et d'élégance, la vraie, celle de l'intérieur.

Enfin je l'ai attendue, presque un an me semble-t-il, peut-être davantage, et c'était idéal puisque la première fois où nous nous sommes retrouvées ensemble, together, j'ai fait avec elle, pour elle, une des plus belles histoires que j'ai photographiées (une de mes favorites en tout cas), c'était "A tribute to Lewis Carroll".


 

Hier, arrêt sur image. Je regardais les roses brodées et peintes sur cette robe de soie grise, je me souviens de toutes les nuances de roses quand je peignais ça, je me souviens de nous deux, aussi, vaguement intimidées dans ce studio à Londres : elle savait bien sûr que je l'avais attendue tout ce temps, et je savais qu'elle savait, je ne pouvais pas la décevoir. Hier je regardais aussi ce visage émouvant, cet ovale délicat, cette profondeur troublante chez cette presque femme qui parlait peu, et bien, et je pensais : des roses, again... Je me suis souvenue, ou j'ai accepté de me souvenir, oui, bien sûr, cette robe était signée McQueen, je m'en rappelle maintenant.


Voir des signes là où il me plaira d'en voir. Et pourtant...

Je sais que rien, dans la réalisation, la concrétisation, la mise en forme d'une idée, surtout quand elle vous tenaille depuis longtemps, n'est simple. C'est même l'inverse. En revanche ce qui est apparu hier de manière claire, limpide, évidente, c'est que The English Roses, c'est maintenant, ou jamais. 


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I'm back.

I don't know if I told you ?

I'm not sad...

 

 

You know what I'm gonna do, don't you ? Mmm... ;-)

Trust me on that...

 

 

 

 

 

Comment on this post

Anne D 04/25/2010 00:05


Maybe. Poésie pure. Tout ce que j'aime...


aléna 04/24/2010 23:51


Bon, d'accord, je triche un peu! :)
Et John qui t'attend lui aussi, qui doit toujours avoir un peu peur que tu aies changé de numéro de téléphone...


Anne D 04/24/2010 16:21


Quand je pense que tu es venue "at home" le 12 février... alors ça va, hein, arrête de faire ta maligne ;-) des signes, oui, une somme de signes c'est toute une vie, sans doute... Anyway, here I
am, on the starting blocks, je viens d'appeler John (en fait non, SMS, je réalise qu'on ne s'est jamais parlé au téléphone ; on parle seulement dans son black cab) bref il est toujours là, il
m'attend. Drôle, non ? Je viens de compter, 7 ans qu'on se connaît, j'ai toujours peur que son numéro ait changé, et pourtant je ne demande rien d'autre... Life is beautiful ;-)


aléna 04/24/2010 16:07


ce "at home" qui se précise, se précise sur... je ne veux pas faire la maligne, mais je me doutais qu'il se préciserait là...
"Voir des signe soù il ma plaît d'en voir", on ne fait que ça, non? toute une vie, on ne fait que ça, jusqu'à se demander parfois si cette vie est bien réelle...
:)