Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

Sur le fil. De fil en aiguille. Fil conducteur. Cousu de fil blanc. Dans le droit fil. Ne tenir qu'à un fil. Fil d'Ariane. Au fil de l'eau. Perdre le fil...

 

Quand j'étais enfant j'acceptais d'écrire dans les cases. Le jour de la rentrée, chaque année, j'écrivais dans la case : "Père/profession" les mots suivants : Capitaine au long cours. J'ai aimé écrire ces mots à chaque fois, infiniment. Je soignais l'écriture, j'inscrivais ces mots comme on proclame un titre, ils évoquaient tous les récits insensés dont mon enfance fut bercée, ils parlaient d'ailleurs et d'aventure, de voyage et de rencontres, de personnages illustres, de terra incognita, je les trouvais romanesques à l'extrême. Comme étaient romanesques ces lettres qui arrivaient des quatre coins du monde, sur papier par avion. Je regardais ma mère replier ces feuilles fragiles, sourire, ranger la lettre dans un tiroir. J'apercevais pour la première fois les splendeurs des correspondances. Je regardais les timbres : Japon, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande... J'entrevoyais un univers des possibles, j'anticipais des émerveillements à venir. Je connaissais les noms de tous les canaux, de tous les détroits et de tous les caps. Mes points cardinaux s'appelaient Panama, Suez, Magellan, Gibraltar, Horn et Bonne-Espérance. Quand nous allions rejoindre mon père, parfois, à l'arrivée, j'aimais me tenir bien droite, minuscule sur le quai, au bord d'un paquebot d'une immensité vertigineuse, je levais les yeux à m'en rompre le cou. C'était magique. Mon père dirigeait ça sur tous les océans, donc rien n'était impossible. La compagnie se nommait Les Messageries Maritimes, j'aimais ces mots - qui contenaient déjà les fondamentaux : les correspondances, et l'océan - autant que les autres, Capitaine au long cours

 

Récemment, après mûre réflexion, j'en suis arrivée à cette conclusion simpliste et pourtant inédite : j'aime par dessus tout les amitiés au long cours. Au fil du temps.

 

 

 

 

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Théâtre, rideau.

Fin.

Costume.

Théâtre, intérieur.

Créatures.

Refuge.

Départ.

Ponctuation.

Revenir.

Ailleurs.

Théâtre, jardin.

Théâtre, cour.

Emerveillement.

Echos.

Théâtre, ange.

Image.

Souvenir.

 

 

 

 

Comment on this post

Anne D. 01/25/2011 16:50


@Alena : moi aussi... ;-)
@Mimy : oui, vous avez vu ? Ce sont les Capitales. Ou les Majuscules...


mimylasouris 01/24/2011 22:53


C'est un joli morse que vos amitiés au long cours...


aléna 01/23/2011 12:06


oh! je suis émue! peux rien dire d'autre que ça : émue.


Anne D. 01/22/2011 15:07


Oui. Un théâtre, une chambre d'hôtel, c'est pareil. Ephémère. Nous ne faisons que passer... Je ne sais jamais pourquoi j'écris ce que j'écris sur l'instant. J'écris ou je griffonne comme ça vient.
Ce n'est qu'après, quelques heures ou quelques semaines après, que je comprends. Tout s'éclaircit et devient dangereusement limpide. Ici : ce qui est, ce qui a été, ce qui aurait pu être... ce qui
sera peut-être. Et c'est amusant, en un sens, je réalise que Chéreau et les "rêves d'automne" sont venus s'ajouter à un entrelacement de pensées pour donner... ça.
Il y a ici, visibles ou pas, 17 amitiés au long cours (non, pas une par image, c'est plus complexe...) je viens de compter. Oh je peux bien les nommer : S, G, L, M, P, T, S, E, C, J, R, N, J, MA,
V, P, S.
;-)


mimylasouris 01/22/2011 13:52


J'adore l'énorme porte-clef "Chopin", comme si la loge de théâtre était prêtée pour un certain temps, qu'on l'occupait comme une chambre d'hôtel.