Published by ANNE DENIAU aka ANN RAY

Bon ce qui suit n'est pas très drôle, j'avoue. Je fais de mon mieux. "Agitata da due venti", c'est exactement ça. Il y a le printemps, la lumière, les projets lumineux, justement, la vraie envie de faire, de construire, de rêver, de se divertir, et de ne rien faire, aussi. Juste fermer les yeux et sentir la caresse du soleil sur la peau.
Et puis il y a des soirs plus difficiles que d'autres. Ces mots qui trépignent à l'intérieur. L'envie de continuer à écrire, ici, ce que je veux. Ce qui suit n'a rien d'un divertissement, et c'est sans doute très mal écrit, et je m'en contrefiche. C'est une avalanche de mots que je ne peux plus retenir.
Demain sera un autre jour. Demain j'écrirai quelque chose de drôle et de léger. Vous pouvez donc repasser demain si vous préférez... ;-)


« Sois sage ô ma douleur et tiens toi plus tranquille »


Sois sage…
 

J’ai été sage.


Pas tout de suite.
 

Ensuite, j’ai été sage.
 

J’ai fait taire ma rage

j’ai demandé pardon

Aux vivants indécents

Ou plutôt ignorants

Faire taire un frisson

Et écouter ces mots :

je ne veux pas de toi

Pas dans cet état là

Pas avec ce fardeau

Alors j’ai été sage

Et j’ai courbé le dos

J’ai tout nié toi moi

Les soirs et les matins

Les voyages éteints

J’ai tendu des sourires

Qui n’étaient que grimaces

J’ai fait semblant de rire

Et j’ai repris ma place

A côté de la tienne

Un espace de glace

J’attends que tu reviennes

Sois sage ô ma douleur

Je n’ai plus de couleurs

Je suis un monochrome

L’inverse d’un fantôme

L’étrange espoir de voir

La profondeur du noir

Lisse comme un velours

Apre comme des amours

Qui n’en finissent pas

De finir et finir

Je marche sur tes pas

Je ne peux pas dormir

Et tiens toi plus tranquille

Je regarde la ville

Il y a tous ces visages

Qui répètent ces mots

Allons voyons sois sage

Et je garde les yeux clos

Sois sage ô ma douleur

Il sera bientôt l’heure

Je ne parlerai pas

De la lettre océan

Ecrite à un mourant

Je ne hurlerai pas

Ouvrir un carton noir

Tenu par un gant noir

En lettres d’or inscrit

Cet infâme graffiti

Ces mots-là : à 12 heures

Dans une église claire 

Ecouter tous ces pleurs

Faire semblant de faire

Et y joindre les miens

Ne pas voir tous les tiens

Regarder chaque fleur

Respirer chaque peur

Et chaque sentiment

Inachevé, béant

Et ne pas regarder

Une caisse de bois

Une chose fermée

Dans laquelle des hommes

Avaient mis doucement

Ce qu’il restait de toi

Sois sage ô ma douleur

Regarde je n’ai pas peur

Leurs oreilles sont scellées

Tu sais la vérité

Je ne leur dirai rien

Bien trop de contingences

Un revers de la main

Ni la terrible urgence

Ni cette musique-là

Ni mes pleurs ni les tiens

Un souffle, trois fois rien

L’histoire d’une femme

Qui mit fin à ses jours

Complainte de Didon

A jamais à toujours

Quelle imbécile je fus

Je te demande pardon

T’adresser ces mots là

La pureté d’une âme

Qui dit remember me

Qui dit death as a guest

Ah bravo quel beau cri

Tu parles d’une fête !

Fracasse moi la tête

On m’a dit leitmotiv

Il écoutait sans cesse

Jolis mots : âme qui vive

A 12 heures une messe

Sois sage ô ma douleur

« Je parle à ton absence »

C’était dans Depleschin.

Un monologue sublime,

Une mise en abime

Devos, face caméra.

Je l’ai vu tant de fois

Je t’ai vu tant de fois

« Je parle à ton absence… »

Je suis partie pourtant

Parler avec cet ange

J’ai découvert hier

Que les mêmes chagrins

Et les mêmes matins

S’appliquent aux amants

S’appliquent aux vivants

Dans la gorge une pierre

Sois sage ô ma douleur

Certain soir tu es là

Tu regardes ta proie

Comme une vraie charogne

Qui me ronge et me cogne

Sois sage ô ma douleur

Je te parle, tu vois

Tu ne m’écoutes pas

Tu n’es qu’une douleur

Tu ne vois ni entends

Tu parles fort, pourtant

Ne peux tu t’évanouir

M’abandonner et fuir ?

Comme ce serait tentant

Je te parle gentiment

Sois sage, ô ma douleur

Vois tu il n’est plus l’heure

Le monde attend déjà

Ou non il n’attend pas

Il est déjà passé

Et je, pièce détachée

Ne me rassemble pas

Sois sage disent les voix

Je ne les entends pas

Je te cherche et te parle

Je te regarde encore

12 heures en lettres d’or

Et la caisse de bois

Et puis rien, juste toi

Taisez-vous, vous, les sages

Car vous ne savez rien

De ces coïncidences

Je parle à ton absence

Je redoute le soir

Il y a des cauchemars

Et de vraies punitions

Si je pleure je paie

Ils me frappent et je tombe

Et à la fin le pion

Met un pied dans la tombe

Nulle trêve nulle paix ?

Oh si, je me réveille

Et je m’en émerveille

Sois sage ô ma douleur

Dans la réalité,

Les cauchemars ont une fin

Alors pourquoi demain

Tu ne serais pas là ?


.../...

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