Partager l'article ! I comme Il y a sûrement quelqu'un pour qui ça compte: Je l'aimais... ... Prononcer ces mots avec le même chagrin. ...
Je l'aimais...
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Prononcer ces mots avec le même chagrin.
Prononcer ces mots trop souvent, ces derniers mois.
Prononcer ces mots là-aussi, sans trembler, en souriant, dire à un homme bien en face, les yeux plantés dans ses yeux clairs, après une belle conversation : "Je vous aime d'un amour pur et entier depuis plus de vingt ans, vous savez..." Prononcer ces mots-là en toute innocence, sans ridicule et sans embarras, simplement parce qu'ils étaient vrais. Son regard en retour, un certain geste, un geste murmuré.
"L'habilleur", et mille autres choses. L'homme de théâtre. L'homme. L'essence de l'homme : la grâce, la poésie humaine, l'âme mise à nu, sans cesse, les questionnements, la discrétion, l'intégrité, la vraie modestie, l'ignorance de toute forme de vanité, la passion de chercher, la patience d'expliquer, le travail acharné, la ténacité calme, le charisme et le charme, les extrêmes, en tout, la plus grande désespérance et la plus grande douceur, l'amour des mots, du sens et des auteurs, la recherche de la vérité, la vérité... Un poète qui questionnait l'éternité, éternellement. L'écouter était une chance, un enchantement, une source de joie et d'inspiration, en scène et ailleurs, le regarder était accessoire, que faire d'autre pourtant ? Il souriait souvent, un peu tristement, avec la tendresse désolée d'un homme qui sait tout de notre condition humaine.
Cette phrase-là, dans "L'habilleur" : "Il y a sûrement quelqu'un pour qui ça compte". Le désir de le photographier, une nouvelle fois, comme une nécessité. Au-delà de la volonté. Viscéralement.
Je l'aimais.
Je ne peux pas regarder des images.
Je regarde le vide, le manque, et le néant.
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