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Et si le Théâtre était la vie ? Et si on prétendait que la Vie est un théâtre ? Un soir, deux soirs, un seul et même théâtre, deux artistes, une scène ou des instants de vie. Deux soirées dans une vie, des amis rares, des alchimies parfaites, semblables et différentes. Au sortir d'un théâtre, ne pas laisser s'achever le soir.
Place Dauphine, 16 juin, 23h23. Certains jours sont estampillés du meilleur et du pire. La soirée touchait à sa fin, "les consolations" de Liszt avaient été évoquées, elle a dit : "Si on passait place Dauphine ?". Depuis toujours elle aime ces sensations : Ensemble et seul si on le désire, échappée. Eviter les rétroviseurs qui réfléchissent, trop. Ecouter ces bruits mécaniques, envoûtants comme une musique, accélérations. S'abandonner aux mouvements, sentir le vent, de l'air. "Tu n'as pas froid ?" "Non". "Tu t'endors ?" "Non. Je réfléchis." La Place Dauphine, celle qu'elle préfère, depuis toujours. Celle où elle est revenue, à des instants précis, rarement. Une éternité qu'elle ne s'était pas posée Place Dauphine. Un petit triangle de tranquillité, absolue. La Place Dauphine l'a accueillie, comme à chaque fois, dans ses lignes parfaites, ses lumières tremblantes, son irréalité bienveillante. Comme à chaque fois : "On dirait un décor de théâtre". Comme à chaque fois, se reposer ici, l'espace d'un instant, fuir une réalité trop tranchante, s'autoriser l'oubli, effacer stupidement des larmes inexistantes, demeurées à l'intérieur, se tenir là, immobile. Pause. Place Dauphine, 16 juin, 23h23. S'arrêter ici, just like that. Pour un petit triangle comme un abri, un hâvre de paix pour naufragés, une île pour s'échouer, pour sombrer doucement, pour arrêter de penser, pour s'enfouir et s'enfuir dans un triangle de paix, d'harmonie, et de silence.
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